11 mars 2008
Stop Baraka dans les stores
Stop Baraka dans les stores
Après dix mois d’enregistrement, de mixage et de mastering, STOP BARAKA, le
deuxième album de DARGA est enfin dans les bacs.
Onze titres pour redécouvrir le son dargawi, frais, festif et bouillonnant,
où se côtoient reggae et chaâbi, rock et allaoui, hip hop et jazz, ragga et
raï…
STOP BARAKA est disponible dans plus de 700 points de vente à travers le
Maroc : Hanouty, souks et médinas, principaux kiosques et librairies.
- CD pochette : 13 dh
- CD avec livret : 40 dh
- Cassette audio : 13 dh
Playlist :
1. Salam Alaikoum
2. Rich’
3. El Khattabi
4. Kbala : feat. H-Kayne
5. Stop Baraka
6. Nari 3la 7ala
7. Tchoumira
8. Gafla
9. Africa
10. Resis’dance
11. Ach Tary
Pour plus d'information, veuillez visiter le site officiel du groupe Darga: darga.info
Pour écouter d'autres oeuvres de Darga
Numydia

Un Maroc, des musiques. Numydia explore la musique marocaine dans son ensemble.
Du sud jusqu’au nord du pays ce groupe puise son inspiration dans la terre marocaine. Numydia nous ouvre la voie vers une musique en mouvement où chante la tradition marocaine au son de la modernité.
Numydia
a été fondée en 2004 par des musiciens de la ville de Rabat. Son
répertoire original est constitué de compositions caractérisées par des
sonorités modernes et acoustiques.
Organisé autour de son fondateur Tarik HILAL, professeur de guitare au conservatoire national de musique et de danse de Rabat, ce groupe marocain énergique et créatif propose de revisiter les traditions musicales du Maroc. Leur travail inspiré et abouti séduit déjà un large public.
Ecouter Numydia
Abderrahim Souiri

Incontestablement, le destin d’Abderrahim Souiri est marqué par le chant. Son père, déjà, était mouaddin à Essaouira. Ce sont les mélopées religieuses et sensuelles andalouses qu’il a choisi -à moins qu’il ait été choisi par elles- pour y mettre tout son coeur. Au point qu’Abderrahim ne cesse de se distinguer hors frontières, notamment à l’Opéra Garnier à Paris. Une vie pour une vocation.
Essaouira 1957, Si Boujemaa Souiri vient d’avoir un quatrième bébé et par là son troisième fils. Il remercie Dieu pour cette progéniture mâle qu’il a baptisée du nom d’Abderrahim. Si Boujemaa est mouaddin. Avant l’aurore, il annonce depuis le minaret la prière d’El Fajr. Sa belle et pieuse voix règne, dans le grand silence éloquent, sur le mellah d’Essaouira. Le grand quartier juif de la ville. Croyants et porteurs de livres qu’ils sont, les habitants de ce quartier ne sont pas gênés par les psalmodies de ce mouaddin.
Sa voix est parvenue aux oreilles du Pacha Belmaalem. Ce dernier l’invite alors à assister à ses soirées conviviales animées par un grand de la musique andalouse, Moshé Afriat, juif souiri. Dès la première soirée, Si Boujemaa a succombé aux poétiques “Insirafat” de Moshé, influant ainsi inconsciemment le sort de son fils Abderrahim.
Ce gamin de 10 ans est curieux. Attiré par tout ce qui bouge. Même les cordes vocales qui vibrent. Les chants spirituels de Zaouia ont absorbé la curiosité auditive de Abderrahim. A côté de son frère aîné Abdelmajid, il a appris par cur toutes les bénédictions qui chantent le prophète. Le chant andalous, Abderrahim l’a assimilé religieusement.
Après la mort de Si Boujemaa, Abdelmajid, en fils aîné, a pris en charge l’éducation de ses trois frères et ses deux surs. Sa mère aussi. Destination Casablanca, une offre d’emploi dans une banque de la place l’impose.
Abderrahim s’est éloigné de Zaouia et de la musique de Moshé. Mais pas pour longtemps. Abderrahim rencontre en effet Fqih Lhiyani et Haj Benjelloun Touimi. Deux noms qui vont marquer sa carrière. Il va, par sa curiosité innée et sa fougue juvénile, se mesurer à ces deux grands noms de la musique andalouse. Dans les fêtes, les cérémonies de mariage, ou les soirées conviviales. Abderrahim commence à pressentir qu’une grande carrière se dessine devant lui.
Mais, il ne sait pas encore qu’il va finir par croiser, un soir de l’été 1983 le chemin de son idole. Une rencontre et une seule avec Feu Abdelkrim Raiss a suffit. Le maître n’a pas tardé à reconnaître les talents de son élève. < Tant que je vis, je serai toujours fier de cette reconnaissance >, confie Souiri. Avec ce grand monument de la musique andalouse, il a perfectionné son art artisanal. Abderrahim n’est d’ailleurs pas le seul à le reconnaître. Le grand Bajeddoub, le doué Debbi et le talentueux Briouel ne peuvent pas nier leur apprentissage auprès de l’école Raiss. Le Maallem incontestable a marqué Abderrahim. < Vif d’admiration pour son génie et sa sagesse, je me faisais plaisir à le déposer depuis Casablanca chez lui à Fès. Ce plaisir l’embarrassait, ce qui le rendait furieux contre moi > se rappelle, avec nostalgie, Abderrahim. La fureur d’un père pour son fils et la fierté d’un homme grand avec son cur. Cette grandeur, Abderrahim en rêve : < Le chant andalou n’est pas une histoire de reprendre des vers dans des notes écrites ou de percuter, sans glisser, une balance reconnue. Pour chanter l’andalous, il faut avoir la grandeur de l’âme et la générosité du cur “.
La musique andalouse qu’interprète Abderrahim Souiri, comme celle de ses précepteurs, balance entre le génie de ses compositions et la sensualité de ses chants. Ses inconditionnels autant que les simples amateurs l’apprécient à sa juste valeur. La reconnaissance du public exalte Abderrahim Souiri. < Vous vous imaginez devant quelques 15 mille spectateurs tous en train de répéter des morceaux et qui créent “Ana mani fiya”. C’est un sentiment d’extase qui m’excite à chanter les larmes aux yeux” , raconte Abderrahim. C’était lors du dernier Festival de Rabat où le duo Bajeddoub et Souiri ont enchanté le public dans deux mémorables soirées au Palais de Tazi et la Place Hay Riyad. Ces deux soirées ne sont pas les seules à avoir marqué Abderrahim. < Je me rappelle, comme si c’était hier, de ma production en 1995 au fameux Opéra Garnier à Paris. Sans micro et dans une enceinte archi-comble d’une élite de musicologues orientalistes, j’ai chanté de toutes mes forces mon amour pour cette musique >, me décrit fièrement Abderrahim. La soirée de l’Opéra Garnier n’est pas la seule pierre blanche dans la carrière de Souiri qui attribue sa réussite à André Azoulay, le Conseiller de SM le Roi. Ses productions à l’étranger, en solo, en duo ou avec l’orchestre de Briouel, ont eu de grands échos. Au Caire, à Singapour, à Carthage, à Washington comme à Boston, tous en témoignent favorablement. Abderrahim Souiri n’est pas seulement né pour chanter. L’homme est un viveur. Par essence généreux, Abderrahim aime partager son bonheur avec tout ceux qu’il aime. Sa famille, ses amis et ses admirateurs. Ses détracteurs, s’ ils existent. Il prend plaisir à vivre avec eux leur souffrance. Une souffrance qu’il dissimule dans son grand sourire et qu’il absorbe au fond de son âme. Une âme faite pour chanter la vie et la mort. Au delà se jouent les notes d’une musique qui sillonne la volupté de l’être et du néant.
Ecouter Abderrahim Souiri
Mahfoudi

Le répertoire de Mahfoudi, le chanteur de « Sebt Lgzoula » est régulièrement pillé par des artistes de renom. Reportage au coeur d’une sombre histoire.
Il y a des endroits où l’on s’arrête par hasard. « Sebt Gzoula » en est un. Cette petite bourgade située à 25 km au nord de Safi
fait partie de ces villages trop vite grandis, défigurés par l’exode
rural, par l’ennui et le chômage qui touche une bonne partie de sa
jeunesse.
Des jeunes qui s’enfuient vers Safi ou vers des « pâturages plus verts ». Les plus chanceux travaillent à l’usine de conserves de câpres pour 25 DHS par jour ou occasionnellement le jour du souk. Ils font la fortune de l’unique « guerrab » de la bourgade : chaque samedi, ils traînent leurs guêtres avec du mauvais vin dans les prés avoisinants Sebt Gzoula. Pour les plus rêveurs, il y a toujours l’exemple de Haddou, ce talentueux footballeur repéré par le Raja. Il restera quelques semaines au centre de formation avant de retourner dans son village. Espoir déçu.
La déception a été aussi grande pour ces petits agriculteurs qui ont fini par plier bagage. Les égouts à ciel ouvert qui traversent la bourgade ont fini par toucher la nappe phréatique : la consommation des produits maraîchers locaux est ainsi devenue plutôt risquée. Reste quelques personnages comme les frères Karim, l’un est président du conseil communal, l’autre est aussi un élu puissant. Ils sont les patrons du village, propriétaires du café où s’arrêtent les bus reliant Safi et Essaouira. Un hammam porte même leur nom. Reste aussi deux troubadours. Hassan Ba Amrani est parolier. Enfin, quand il peut. Il est plutôt marchand ambulant le jour et artiste la nuit. Dans la pièce qui lui sert de maison, il cohabite avec la seule et véritable gloire de la région : El Mahfoudi. Chaque nuit avec son Outar, ce chanteur de 37 ans, mais qui en paraît 50, compose les poèmes écrits par Hassan. A eux deux ils ont réalisé des tubes dont quelques uns se sont vendus à des centaines de milliers d’exemplaires. Pourtant, ils vivent dans le dénuement le plus total. « On était attablé une après-midi au café lorsque quelqu’un a mis une cassette de Daoudi, le chanteur populaire. Il a commencé une chanson en rendant hommage (”tahia”) à Mahfoudi et à Ba Amrani. Nous n’avons pas réalisé jusqu’à ce que l’on reconnaisse une de nos créations “youm yachbah youm” », raconte El Mahfoudi. Partagé entre le sentiment de fierté, d’être reconnu et par le sentiment de s’être fait voler, il laisse couler. « On a décidé de fermer les yeux, mais la saignée ne s’est pas arrêtée » “T’mnit nchoufek”, “baghi n’nsaha”, “T’nsa lbarah n’iich l’youm” » “Daqt men laâdab ketir” se sont retrouvés dans les répertoires de deux des plus grands chanteurs de chaâbi, Abdelaziz Stati et Daoudi. Dans ce village où les gens ont plutôt l’habitude de courber l’échine et de renoncer face au destin, personne ne les encouragera à se rebeller. Tous les 6 mois Mahfoudi sortait une cassette réalisée grâce aux bons soins de son producteur local, tous les six mois elle était piratée. « Mon producteur Hamzaphone investit 100 000 DHS sur mes cassettes. Que peut-il faire face aux millions d’exemplaires produits à Casablanca. Pas grand-chose ». Mahfoudi va continuer son bonhomme de chemin happé par sa passion.
Ce fils d’un imam très conservateur du douar Lemdah (situé à six kilomètres de Sebt Gzoula) a toujours culpabilisé d’être dominé par l’Outar, cet instrument de musique qui exhale des sanglots. Un de ses frères est instituteur, l’autre a fait des études supérieures avant de rejoindre la cohorte des chômeurs. Mahfoudi est resté fidèle à son destin dans la grande tradition des “ghiwaniines”. Il aura suffi d’un entrefilet publié par notre confrère du quotidien “Assabah” signé Saïd Bounaouar, pour que les choses prennent une tournure différente. « Stati et Daoudi ont gagné des millions de dirhams avec “hakmat aliha Dorouf” écrite et composée par Hassan et El Mahfoudi », souligne ce producteur casablancais. « A un moment donné ils devaient partager avec Mahfoudi une part du gâteau surtout que l’affaire commençait à s’ébruiter », rajoute-t-il. Abdelaziz Stati sera le plus prompt à réagir, il va se déplacer jusqu’à Sebt Gzoula et donnera la “respectable” somme de 20 000 dirhams à notre duo.
« Stati s’est bien comporté avec nous », souligne Mahfoudi. « On ne peut pas en dire autant de Daoudi », regrette-t-il. Lorsqu’ils prennent contact avec le frère de la star du châabi dans un café de la route de Médiouna à Casablanca, l’échange est cordial. « ?a s’est plutôt bien passé : Khalid Daoudi nous a promis de nous dédommager à hauteur de 20 000 Dhs. Il nous a donné une avance de 1700 DHS et l’on n’a plus jamais entendu parler de lui » ajoutent Mahfoudi et Ba Amrani. Plus vicieux encore, celui qui se considère comme le manager de Daoudi demande à Ba Amrani de lui signer une cession des droits sur ses chansons, un papier qui ne sera évidemment jamais légalisé. « Je l’ai signé sans savoir de quoi il s’agissait, sachant que j’espérais qu’il me verse par la suite le reliquat des 20 000 dirhams. Il m’avait en plus promis qu’il nous ferait travailler », explique Ba Amrani. Face aux titans casablancais il n’y a pas grand-chose à faire. Porter l’affaire en justice reviendrait trop cher et prendrait beaucoup de temps. Du coup, Mahfoudi écume les mariages locaux et ceux de Safi. Il arrive à gagner jusqu’à 3000 DHS par mois. Plus rarement de riches safiots installés à Casablanca le convient à animer des soirées. Grâce à cela, il peut mettre du beurre dans les épinards. « Si l’on prend juste “hakmat aliha Dorouf” chantée par Stati et Daoudi, l’on peut aisément dire que cette chanson a rapporté au bas mot 10 millions de dirhams », affirme ce producteur Casablancais.
L’histoire de Mahfoudi, c’est celle d’un créateur, d’une âme et d’une sensibilité qui ont touché des millions de Marocains. Celle d’un personnage issu de ce Maroc profond, féodal, qui fait renoncer à toute forme de rébellion et de révolte. Il en est une des victimes passives. Il n’a jamais enregistré ses chansons au bureau des droits d’auteur, il n’a que sa bonne foi et les bordereaux de dates de sortie de ses cassettes. De toute façon, c’est trop cher et trop loin. ?a tient à cela.
Younes Alami | Le Journal Hebdo
Ecouter Mahfoudi
Aissaoua
Des confréries religieuses, il en existe beaucoup mais les Aïssaoua figurent parmi l’une des plus importantes dans le monde arabo-musulman et plus spécialement au Maroc où elle reste très populaire.
Elle est directement issue de la tradition soufie qui a donné son essor à cette confrérie.
Cette tariqa a été fondée par Mohamed Ben Aïssa né en 1465 et venu de la région du Souss selon la croyance populaire, mort à Meknès vers 1526, qui est devenu plus tard pour la postérité « El Cheikh Kamal », le « Cheikh parfait ». Il est d’ailleurs enterré à « Bab El Jdid », lieu de pèlerinage.
Les zaouiyas n’ont cessé d’éclore durant cette période. Cette confrérie a des ramifications dans tout le Maghreb, en Syrie et bien au-delà encore dans la sphère musulmane.
Après la mort de Ben Aïssa, d’autres adeptes ont grossi les rangs de la tariqa se scindant en deux groupes :
- La voie soufie
- La voie des pratiques soufies par le rituel
Cet art normé devenu Art est avant tout perçu comme le symbole du Soufisme.
Je vais tâcher de vous rendre compte ici d’une soirée Aïssaoua et de son rituel ou hadhra telle qu’elle se déroule à Meknès par exemple. Dans chaque ville, la séance peut être conduite différemment. Et a fortiori, dans les pays musulmans,, les variations se multiplient en fonction des spécificités locales ou régionales.
La soirée débute après l’Isha dernière prière de la journée.
Le groupe ou Ta’ifa se tient à une centaine de mètres de l’endroit où se déroulera la Lila.
Il se rassemble entouré des disciples ou fouqaras devant la porte de l’hôte, sous la houlette du chef de la Ta’ifa ou Moqqadem
dont le rôle est prépondérant dans le bon déroulement de la séance. Il
est ainsi nommé et respecté car il est doté de toutes les qualités
requises pour assumer une telle fonction par ses connaissances accrues
sur :
* Le Coran,
* Le soufisme,
* Le saint fondateur de la confrérie,
* et enfin sur le rituel aïssaoua
Ils récitent une courte prière, la Fatiha et entrent dans la maison de leurs hôtes. On les appelle alors El Jalala.
Ils tiennent à bout de bras les oriflammes ou l’aalamat, brodés d’or
aux différents noms de Dieu. Les vêtements cérémoniels, les
brûle-parfums, les encensoirs et les instruments de musique sont là aussi pour donner tout son éclat à la soirée.
Il s’ensuit une nouvelle récitation de la Fatiha et les invocations peuvent alors commencer. Le groupe dirigé par le Moqqadem
s’assied au milieu de la maison, les instruments momentanément mis de
côté. Il récite alors a cappella “les louanges à l’Eternel ” ou le Hizb
“Soubhan al-Daïm, psalmodie rédigée par le Cheikh Ben Aïssa.
Enchaînement avec vingt louanges au Prophète ou sefat. Reprise de la Fatiha.
Le groupe peut alors reprendre ses instruments de musique et chanter. Tout le monde frappe dans ses mains et alors commence l’évocation, le souvenir de Dieu ou Dhikr Allah par des poésies en arabe dialectal empruntées au répertoire du malhun “religieux”. Seuls Dieu, le Prophète Mohamed Ben Aïssa et les saints sont à l’honneur.
Passons rapidement en revue les instruments :
- Un double tambour en terre cuite à deux peaux frappées à l’aide de deux baguettes ou tabla, utilisé seulement par le moqqadem.
- Une petite percussion digitale en terre cuite en forme de sablier ou tarija. On l’utilise d’une main.
- Des tambours à deux faces portés à l’épaule et frappés à l’aide de deux baguettes ou tbila.
- Un bol en cuivre retourné frappé à l’aide de deux baguettes ou tassa.
- Un instrument à percussion digitale, le bendir, lourd, entouré de petites cymbales ou boujnajin
- Enfin un hautbois ou ghaita ((le prononcer raïta). Seul instrument mélodique (au nombre de trois).
Le groupe reprend ensuite les instruments (tarija + tbila + tassa +
boujnajin) auxquels on rajoute le tabla et est abordée alors une série
de poésies religieuses à forme fixe dont les thèmes sont l’imploration,
l’asile et la protection appelée derqaouiya.
Cette “derqaouiya” comporte une partie chantée et l’autre dansée.
Enchaînement par l’évocation de l’Unicité divine ou haddun (unique). Les hautbois prennent alors la relève des voix.
Le moqqadem intervient alors en adressant de courtes prières au Cheikh Kamal, à la demande de l’assistance, ou ghaziya.
On passe alors au rituel
d’appel des génies ou belmlouk, qui occupent le corps des individus. Il
y en a de très populaires tels que Hammou, Aïcha el Sudaniya, Al Gnawi, Mira, Lalla Malika.
Le premier appelé est toujours Al Gnawi et le dernier Lalla Malika.
Chacun d’eux a ses spécificités.
La danse (par excellence) de transe des initiés Aïssaoui ou mjerred peut alors commencer. Le mjerred constitue le sommet du rituel.
Avant d’aborder la danse de transe ouverte au public ou rabbani
(divin), il y a une courte introduction par un chant ancien appelé «
zammeta ». Ce chant raconte la fabrication d’un mets constitué d’orge
ou de blé, de sucre et de farine de blé. Les danseurs balancent leur
corps d’avant en arrière sur le rythme en ne cessant de répéter “Dieu
immortel”, Allah Daïm.
La fatiha clôt la séance et les participants pour lesquels on a demandé des grâces sont remerciés.
Le groupe sort de la maison en égrenant :
“Cette maison est la maison de Dieu, et les disciples sont des créatures de Dieu”
Ad dar, dar Allah, wol fouqra abid Allah
La première prière du matin est faite. Près de cinq ou six heures se sont écoulées.
En guise de conclusion, je dirai qu’il faut distinguer deux types de Aïssaoua : l’urbain et le rural comme Shim El Mokhtar.
Beaucoup de choses ont été écrites sur les Aïssaoua et chacun peut les considérer du point de vue soufique, religieux ou du point de vue artistique.
Beaucoup ont écrit sur les Aïssaoua comme Le Chatelier dès 1886 ou Brunel en 1926.
Quelques groupes ont joué un rôle prépondérant à Meknès comme :
- Rakeb el Filali, fondé au XVIIème siècle, dirigé aujourd’hui par
Driss El Mrabet aux disciples célèbres tels Boubeker El Mestachi,
Moulay Idriss Mokdad, El Mahjoub Azizi, Abdelilah Deroussi et tant
d’autres ;
- la Taïfa El Ismaïlia dirigée par Abdejellil Lemreber,
- la taïfa Zitoune (au milieu de Meknès),
- Twarga,
- Sidi Amar,
- El Kasbah
- Taïfa de Moulay Idriss Zerhoun.
Ces rites sont là pour perpétuer les relations entre le monde
invisible, les forces de la nature et un sacré immanent à l’univers.
Si je voulais vous parler aujourd’hui de cette tariqa dans l’art ou de
cet art dans la tariqa, alors que tant de choses sont dites, c’est que
je voulais tout simplement vous faire entrevoir autre chose, que
derrière le folklore des possédés et derrière les apparences, se trouve
une culture orale de tous les sens menant tout droit vers les rives de
la Culture à travers sons et mélodies.
Said El Meftahi - Tarab Production
Ecouter Aissawa
Al Hiyani Group

The rhaita or ghaita is a double reed instrument from Northern Africa.
It is one of the primary instruments used by the Master Musicians of Jajouka and Master Musicians of Joujouka, two traditional music ensembles from Morocco.
The rhaita
was also featured in the three Lord of the Rings soundtracks by Howard
Shore, specifically in the Mordor theme. American composer John
Corigliano calls one of the movements of his 1975 Concerto for Oboe and
Orchestra “Rhaita Dance,” asking the oboist to imitate a rhaita by pushing the reed further into his or her mouth.
Listen to Al Hiyani Group performing Rhaita nicely.
Houcine Toulali

Houcine Toulali né en 1924 à Toulal, proche banlieue de Meknès. Il a travaillé la terre en y mettant toute son âme et sa sensibilité. Il ne se contentait pas d’aimer les fleurs; il aimait la musique avec la même ferveur. Ainsi qu’il avait coutume de le dire lui-même : “son amour de la musique était tel qu’il allait à pied depuis Toulal jusqu’à l’ancienne Meknès pour écouter les grands maîtres comme Cheikh Benaïssa, Cheikh Bertal, El Khiati père, Ibn Abdallah, Ben Amar et tant d’autres”
A ses débuts, il a appris les chants modernes et ceux en vogue au Moyen-Orient. Puis il a commencé à apprendre les qassidas de melhoun.Il
avait une belle et douce voix faite pour cette poésie. Même s’il ne
savait pas par c?ur les poésies, les grands Maîtres ont cependant
commencé à faire appel à lui, tant ils étaient séduits par sa Voix.
Berbérophone, son élocution et sa diction étaient parfaites quand il
chantait le Melhoun,
laissant sous le charme Maîtres et public.Puis il a songé à préserver
coûte que coûte ce trésor musical en créant une Ecole de Melhoun.
De cette école, sont issus des artistes portant l’empreinte
“toulalienne” (voix, diction, élocution).En 1958, Moulay Ahmed Lemderi,
grand musicien d’arabo-andalou fait appel à lui pour lui donner une
place de choix dans son orchestre tant ses mérites étaient grands et a
vu dès cette date que Toulali deviendrait un immense artiste au service du Melhoun, que Houssein Toulali deviendrait la Référence du Melhoun.
Et pourtant l’objectif premier de Lemderi n’était pas de se faire accompagner par Toulali
mais bien de lui enseigner la théorie musicale.D’ailleurs, il suffit de
l’écouter chanter, de se laisser pénétrer par cet Art du Melhoun et vous sentez l’importance de son travail tout entier dédié au Melhoun.Pour autant, il ne s’est pas contenté de chanter le Melhoun
; il a accompagné de grands ensembles, a participé à des groupes tant
sa soif de connaissances musicales était inextinguible. Il voulait
aussi insuffler un air nouveau au Melhoun
et assurer ainsi sa pérennité.Il a travaillé en compagnie de Jil Jilala
sur de nombreux spectacles, a enregistré plusieurs émissions de
télévision ainsi qu’une cassette.Est-il utile de rappeler
l’enregistrement de “Chemaa” (la bougie) de Mohamed Ould Arzin, de
“Chaada” (le rayon de miel) de Benslimane ou bien encore “Mezin o
solek” (Ton amitié m’est précieuse) de Sidi Abdelkader El Alami et pour
finir Lotf Allah El Ghafi de Hadj Ahmed El Rabli, etc
Toulali est le seul artiste qui a pu conduire le Melhoun jusqu’aux grandes scènes internationales. Le premier il a enseigné le Melhoun au Conservatoire du Ministère de la culture et au Conservatoire Municipal de Meknès.Aujourd’hui, beaucoup chantent le Melhoun et le doivent à Toulali
et à son école. Son charisme et son mimétisme sont à l’origine de bien
des vocations.Il a occupé une chaire à l’Orchestre de la Télévision et
Radio marocaine qui rassemblait les meilleurs éléments comme Cheikh
Benaïssa El Fassi, El Hadj Tahmi El Arouchi, Mohamed El Oufir,
Benghanem, Nasseh El Filali, etc ?Il a été le premier interprète de Melhoun
au théâtre en compagnie de Tayeb Siddiqi dans une pièce intitulée “Noor
o déjoor”, suivie de Harraz et a travaillé également avec Abdeslam
Chraïbi.Il a joué du théâtre diffusé à la télévision dans une émission
“Musk el Lil”.Il a tourné un documentaire musical sur le Melhoun avec Izza Genini dans sa série “Maroc
corps et âme”.Beaucoup de poésies ont été interprétées par les grands
Maîtres. Mais la plupart étaient inconnues du public jusqu’à l’arrivée
de Toulali, à la voix si belle, si particulière que l’on appelle “filali”, Toulali devenue la Référence.
Lorsque vous entendez sa voix, vous sentez toute la force du Sahara et
toute la douceur des dattes du Sahara ; Cette force et cette douceur
ont donné une puissance inégalée à son interprétation du melhoun.Autodidacte,
il a cependant été l’égal des grands en matière d’enseignement. Tout
l’amour qui était en lui, il l’a mis au service de son Art. Il
remplissait tous les suffrages et faisait l’unanimité car c’était un
homme de c?ur, un homme de Dieu.Un jour, au cours d’un entretien qu’il
accordait à un journaliste, ce dernier lui posa la question de savoir
qui entre sa famille et l’art passait en premier. Il a répondu : ?”Dieu
!Car si tu aimes Dieu, Dieu te le rend au centuple et te facilite le
cours de ton existence?”
Son existence fut une vie de dévouement absolu au service de son art.
La discrétion, le silence étaient ses compagnons et ne il s’occupait en
aucune façon des coulisses du milieu artistique.Il est le seul à avoir
enregistré autant de poésies de Melhoun
(près de 43 cassettes). Tous les grands thèmes de la vie ont été
abordés tels que : Tawassoulat (Prières à Dieu), Madh (Louanges au
Prophète), Hob (achaki) Amour, sur la nature (rabiiet, sapouhi et
dahbia), sur le rire (tarjamat), sur le vin divin (saqi et el
khamriyat) mais aussi le football etc
Toulali vit parmi nous de toute éternité. Il a laissé pour la postérité une école de référence. Vous ne pouvez parler de melhoun sans évoquer Toulali. L’un ne va pas sans l’autre. Ils sont à tout jamais associés.Un hommage national était prévu pour cet artiste qui a tant donné au Maroc, à son peuple, à son Art mais la Mort est venue le chercher un lundi matin, le 7 décembre 1998, laissant derrière lui tristesse et désolation mais laissant aussi une école, des élèves, des enregistrements, un nom, le sien à tout jamais dans nos coeurs.Les quelques lignes consacrées à cet artiste hors du commun sont évidemment bien loin de constituer un hommage et néanmoins sont le témoignage et le gage de ma profonde vénération à ce grand homme.
Said El Meftahi
Ecouter Houcine Toulali
Tiraline

Le groupe Tiraline se forme de sept jeunes d’origine de la ville de Safi, âgés de 19 à 23 ans. Ce groupe est à l’origine d’une fusion en 2004 de deux groupes “Just five (pop danse) et Rock Choc (rap)”. Leur musique est un mélange entre le folklore marocain, oriental, et occidental (R&B traditionnel).
Membres du groupe Tiraline par leur Alias
- Mr really
- K prime
- Mc blan
- Mc choc
- M-o
- Mone
- Cochmar1
Pourquoi le nom Tiraline?
Tiraline, selon la légende très répandue dans la région de Safi, est une ville engloutie par la mer à 7 000 mètres du cap Cantin (cap Beddouza) à 33 km de Safi.
Certains plengeurs affirment l’avoir vue. Personne n’a jamais pu
présenter de photos des lieux! Juste avant sa mort,le commandant
Cousteau projetais de la visiter…
Ecouter Tiraline
Raja Belmalih

L’artiste Rajae Belmlih a rendu l’âme à 13h15 à l’hôpital cheikh Zayed à Rabat. Elle a été admise dans cet hôpital deux jours auparavant (vendredi) sur instructions royales. Peu de temps avant de rendre son dernier soupir, la diva marocaine avait des complications respiratoires.
Juste après l’annonce de cette mauvaise nouvelle, un message royal de condoléances a été adressé à la défunte.
Lundi 3 septembre, après la prière d’Addohr au cimetière des Chouhada à Casablanca, Rajae Belmlih a été inhumée en présence d’un nombre important d’amis (écrivains, acteurs, chanteurs, musiciens….), de personnalités dont l’ambassadeur des Emirats Arabes Unis et le Premier ministre Driss Jettou et de nombreux fans.
La santé de la chanteuse s’était détériorée il y a déjà quelques semaines à cause du cancer dont elle souffrait depuis plus de quatre ans. Malgré tout, le public était confiant concernant son prompt rétablissement. Surtout après son passage à deux reprises sur 2M. La première dans l’émission « Ahl alMaghna » du 17 février de cette année et la seconde lors du premier prime de Studio 2M. Ces passages avaient réconforté le grand public de Rajae, malgré la fatigue qui semblait encore se dessiner sur son visage. L’espoir que la majestueuse Rajae vainque la maladie était présent dans l’esprit de tous ses proches, amis et fans.
Mais, son absence du dernier prime de l’émission Studio 2M en juillet dernier était inquiétante. Il n’y avait plus l’ombre d’un doute, Rajae rechutait. C’est pour cela que, quelques semaines avant sa mort, ses admirateurs ont créé un site web afin de la soutenir moralement (www.raja-belmalih.com). Le webmaster qui est derrière cette initiative parle de Rajae la chanteuse et aussi de Rajae l’ambassadrice de bonne volonté de l’UNICEF et membre active de nombreuses associations caritatives au Maroc et ailleurs. Le site présente également des liens qui dirigent vers des vidéos des chansons éternelles de Rajae Belmlih. Ce soutien moral devait donner du baume au coeur de la chanteuse, mais ne l’a guère sauvée.
La nouvelle de son décès était atroce pour toutes et tous ceux qui
l’aiment. La chanteuse de « Ya jara wadina », mère d’un enfant, Omar
qui a à peine 5 ans, s’est éteinte en étant encore si jeune. Elle
n’avait que 45 ans. Durant sa longue carrière, il n’y a pas trace du
moindre faux pas. La célèbre chanteuse est restée simple et modeste.
Toutes les personnes qui l’ont côtoyée lui reconnaissent ces qualités.
Un talent, une voix, un charisme exceptionnel mais aussi une femme de
principe. C’est tout cela Rajae.
Le parcours d’une étoile
C’est dans l’émission « Mawahib » d’Abdenbi El Jirari et Hamid Alaoui dans les années 80 que Rajae Belmlih fait sa première apparition. Suivra l’émission « Adwae Al Madina » dont elle remporte le premier prix. Mais cela ne l’empêche pas de suivre en parallèle ses études académiques qu’elle a couronnées par une licence en lettres décrochée à la faculté de Rabat.
En 1987, l’artiste lance son premier album. Ce fut l’inoubliable « Ya jara wadina ». Le public admire la voix, le visage et la présence charismatique de la jeune chanteuse.
Mais l’apogée de sa carrière connaîtra un autre détour après son départ dans les années 90 au Caire. Son bagage intellectuel et artistique ainsi son intelligence la poussent à ne pas lésiner sur la qualité des chansons qu’elle aura à interpréter. Ce qu’elle fera avec maestria. Elle aura aussi la finesse de choisir des paroliers et des compositeurs de haut niveaux tels Jamal Salama, Mohamed Diae, Hilmi Bakr et Salah Chernoubi…
Ainsi la chanteuse marocaine se positionna dans la cour des grands
et charme le grand public arabe. D’un succès à l’autre, sa gloire se
construit. Une gloire que la maladie (cancer du sein) a pu freiner.
Adieu Rajae Belmlih ! C’est sûr que tu resteras à jamais gravée dans la mémoire du peuple marocain.
Nos condoléances
A l’hôpital Cheikh Zayed
Juste après la confirmation de la mort le Rajae Belmlih, SM le Roi Mohammed VI a contacté le médecin qui s’occupait de l’artiste depuis son admission à l’hôpital cheikh Zayed pour avoir le téléphone de M.Abdelkhader Belmlih, père de la défunte.
Le Souverain voulait lui présenter ses condoléances. Un autre message royal de condoléances destiné à la famille de Rajae Belmlih a été par la suite diffusé via les chaînes nationales de radio et de télévision.
Rappelons aussi que S.M avait pris en charge les frais d’hospitalisation de l’artiste depuis que le Souverain a été mis au courant de la détérioration de son état de santé.
Un responsable du Secrétariat particulier de S.M est venu à l’hôpital pour informer le père de Rajae que le Souverain prend en charge tous les frais d’enterrement de la défunte.
Une pensée profonde à Cheikh Zayed
L’artiste avait confié dans un entretien accordé à « Chark Al Awsat » les détails de son combat avec la maladie en révélant comment elle a su qu’elle était malade en Egypte, comment elle a caché la nouvelle à ses proches et à son public. Elle a aussi évoqué son départ en France pour un traitement qui est excessivement cher au frais de son mari, jusqu’au jour où Cheikh Zayed et son épouse cheikha Fatima Bent Mbark ont appris la mauvaise nouvelle de la maladie de Rajae. Sur le champ, l’émir a mis à la disposition de l’artiste des moyens pour l’aider à surmonter la maladie. Ila également donné des instructions aux ambassades des Emirats Arabes Unis pour lui venir en aide…
« J’ai suivi le traitement dans plusieurs pays : France, Egypte, Maroc,
Emirats Arabes Unis. C’est pour cela que je suis redevable au défunt
cheikh Zayed, au Souverain marocain Mohammed VI qui a envoyé à mon
chevet son épouse et son conseiller, sans oublier le soutien des gens
de la presse et celui de mon public… », déclarait Rajae.
Flashs
- Les derniers moments de sa vie, Rajae Belmlih voulait à tout prix revoir son fils. Mais elle s’est éteinte avant.
- Selon son père, en sentant sa fin approcher, elle a lu la sourate coranique « Yassine » et a prononcé la « Chahada », tout en tenant la main de sa maman et de son papa. Un moment elle s’est décontractée, regardant le plafond. Ses derniers mots étaient : « Adieu mon pays ».
- Avec sagesse et foi, depuis quelques semaines, Rajae savait qu’elle allait mourir. Elle n’arrêtait pas de demander à sa famille de prendre soin de son fils et de son époux Mohamed Achraf, un médecin d’origine égyptienne installé aux Emirats Arabes Unies.
- La chanson « Atfal AlHijara » (les enfants de la pierre), écrite juste après l’Intifada par le poète Abdellatif Jawahir a été dédiée par Rajae et Abdellatif Jawahiri (poète) au président Yassir Arafat qui a apprécié le geste.
- Quand Rajae a voyagé à l’étranger pour découvrir le grand public, Abdellatif Jawahiri avait écrit un article en arabe intitulé : « Non, Rajae ! » où il a exprimé son inquiétude quant au parcours de la chanteuse qu’il disait irréprochable. Avec intelligence, la chanteuse n’a jamais déçu son public. Mieux, elle est devenue notre fierté artistique nationale grâce à sa renommée internationale et son engagement.
- Parmi les projets qui tenaient à coeur de Rajae, son espoir de chanter en duo avec la chanteuse syrienne Assala Nasri. Un projet que la regrettée n’a pu réaliser.
Bouchra Elkhadir pour lereporter.ma
Ecouter Raja Belmalih
Amina Alaoui

Amina Alaoui is a scholar of philology, linguistics, and dance, and a prominent exponent of the ancient music style gharnati. She was born in 1964 to a traditional Fassi family, and has pursued an eclectic musical path that lead her to work with musicians from medieval, Persian, and flamenco musical backgrounds. She is accompanied in many of concerts by the ensemble of Ahmed Piro, a native of Rabat who is considered one of the great Arab-Andalusian musicians.
Gharnati (Arabic for Granada) is one of the major Andalusian musical styles, migrated from Granada, Spain, to Morocco in the 15th century. Its roots lie in the diverse music schools of medieval Andalusia, where the Arab-Andalusian musical style originally developed some 800 years earlier.Gharnati was preserved by the Tlemceni families and other communities that fled Spain to settle in several places, Morocco, especially in Fes.
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